Depuis 2005, Christelle Rozier gère, avec son mari, une entreprise de maçonnerie spécialisée dans le bâti ancien à Claveyson, dans la Drôme. Très engagée pour les jeunes et l’apprentissage, elle vient d’être élue présidente de BTP CFA Auvergne-Rhône-Alpes qui, depuis le 1er janvier, a pris le relais des deux anciens BTP CFA Auvergne et Rhône-Alpes.

Pourquoi êtes-vous si attachée à l’apprentissage en général ?

La transmission est une tradition dans l’entreprise familiale. Nous accueillons chaque année entre un et quatre apprentis, et nos salariés sont eux-mêmes issus de l’apprentissage. De la même façon, nous accueillons régulièrement des jeunes dans le cadre de leur tour de France. Pour nous, la transmission du savoir-faire, des gestes, mais aussi la transmission des valeurs du métier sont essentielles. Je mise beaucoup sur la jeunesse. Elle est la richesse de nos entreprises de demain. C’est pourquoi j’ai intégré le conseil de perfectionnement et le comité paritaire de suivi d’établissement du CFA BTP de Livron. Dans le même temps, je devenais présidente de la commission Emploi-formation de la Capeb Auvergne-Rhône-Alpes… En 2012, j’ai intégré le conseil d’administration de BTP CFA Rhône-Alpes, avant d’en devenir la vice-présidente en 2016. J’ai alors beaucoup travaillé sur la préparation de la fusion avec l’Auvergne.

Quelles sont vos priorités d’action ?

Relever le défi de la réforme pour choisir son avenir professionnel ! Et pour cela, nous avons toutes les cartes en main, disposant d’une offre de formations et de formateurs de qualité en Auvergne-Rhône-Alpes. Nous devons capitaliser sur nos moyens pour répondre aux nouveaux enjeux de la réforme. Le mode de financement des CFA évolue. Il ne dépend plus des régions. Aussi, pour garantir la pérennité des investissements, il faudra répondre aux nouveaux critères de performance fixés par la réforme, comme le pourcentage de l’évolution des apprentis, le nombre de jeunes par section ou encore le taux de satisfaction des entreprises…

Garantir le développement de nos onze CFA, dont un CFA hors mur, est une autre priorité. Conserver un CFA par département permet de disposer d’un bon maillage territorial et d’offrir une offre de formations au plus près des apprentis et des entreprises. Dans ce contexte, le programme d’actions s’avère dense entre la fusion à finaliser et la structuration de BTP CFA Auvergne-Rhône-Alpes à organiser pour répondre à la fois à la réforme et au plan stratégique « transform’BTP » du CCCA.BTP. Les axes de ce dernier sont notamment tournés vers les besoins d’une main d’œuvre qualifiée, d’une offre de formations qui soit plus mobile, plus qualitative, mieux certifiée…

Que pensez-vous de la réforme de l’apprentissage ?

L’évolution est plutôt positive, car nous allons vers plus de simplification des modalités du contrat d’apprentissage au bénéfice des entreprises (embauche et durée du travail des apprentis, conclusion et rupture du contrat…). Autre point positif : l’apprentissage sera davantage valorisé dans l’orientation professionnelle, notamment grâce à la formation d’une classe de 3e « prépa-métiers ». Ce sont des formations qui fonctionnent bien, avec 71 % d’insertion professionnelle. Enfin, les organisations patronales et syndicales sont reconnues prioritaires par la loi pour co-construire, avec l’État, les diplômes et titres des métiers de l’artisanat du Bâtiment.

Cependant, cette réforme implique également une évolution culturelle et un changement de fonctionnement important du réseau. Le BTP est prêt à répondre. Notre rôle, c’est de communiquer sur les changements à venir, les expliquer, rassurer. L’apprentissage dans le BTP est une voie d’excellence, à la fois pour les jeunes, qui ont de vraies perspectives de carrière, et pour les entreprises, qui ont la garantie d’un personnel qualifié et impliqué.